Il y a quelques semaines encore, Ine Joris préparait la Coupe du monde de basketball avec les Belgian Cats. Aujourd’hui, elle fait partie de la sélection qui disputera l’Euro 3×3 à Anvers. Preuve que les objectifs sportifs peuvent prendre une tout autre tournure en très peu de temps. Joris s’est entretenue avec nous pour évoquer sa capacité à tourner la page, les différences entre le 5×5 et le 3×3, ainsi que son retour en Belgique la saison prochaine.
Ine Joris faisait partie de la présélection pour la Coupe du monde de basketball à Berlin, mais n’a finalement pas été retenue dans le groupe définitif. « Je ne vais pas faire semblant : ne pas participer à la Coupe du monde avec les Cats a été une déception », reconnaît la joueuse de 25 ans. Malgré cette déception, Ine Joris s’est rapidement tournée vers l’Euro à venir : « J’ai réussi à tourner la page assez vite et j’ai vraiment hâte d’y être, à 100 %. Ce sera une expérience unique, puisque je suis moi-même Anversoise. Pouvoir disputer un Euro dans son propre pays et dans sa propre ville, c’est fantastique. »
Durant la préparation à la Coupe du monde, il n’avait encore jamais été question de l’Euro 3×3. La proposition n’est arrivée qu’après l’annonce de la sélection définitive des Belgian Cats. « J’ai eu une bonne discussion avec Nele (Poffyn, ndlr), la coach des 3×3 Cats. Elle m’a expliqué que mon profil de joueuse pouvait apporter une réelle plus-value à l’équipe. J’ai également reçu des messages de mes coéquipières. J’ai alors décidé de m’investir pleinement et de ne pas m’attarder trop longtemps sur ma déception. Cela reste malgré tout l’équipe nationale. Beaucoup de filles aimeraient être à ma place. »
Les différences avec le 5×5
Il ne suffit pas de tourner la page mentalement : sur le plan physique également, les différences entre le 3×3 et le 5×5 sont nombreuses. « Je comprends vraiment les personnes qui disent qu’il s’agit d’un autre sport », confirme Joris. « En 5×5, par exemple, on peut beaucoup plus venir en aide en défense. En 3×3, ce n’est pas le cas. Tout est beaucoup plus physique. On est davantage fatiguée après un match de 3×3 qu’après un match de 5×5. »
Et ce n’est pas tout. « Le ballon est différent et, pour moi qui suis une shooteuse, c’est une sensation très particulière. Il a la taille d’un ballon numéro 6, mais le poids d’un numéro 7. Les rainures sont également différentes, donc les sensations ne sont pas les mêmes. À cela s’ajoute la température, puisque l’on joue évidemment en extérieur. »
Ine Joris n’a pas eu beaucoup de temps pour préparer l’Euro 3×3. Sa condition physique devrait être au point après la campagne de préparation avec les Belgian Cats, mais les automatismes ne seront pas encore totalement installés. Elle n’aura effectué que quatre entraînements avec l’équipe, auxquels s’ajoutera une séance tactique. Une situation différente de celle de ses coéquipières Heleen Nauwelaers, Sarah Dossou et Axelle Van Eupen. « Elles s’entraînent depuis la fin du mois de mai et ont participé à plusieurs étapes des Women’s Series à l’étranger. Elles auront donc davantage d’expérience », explique Joris.
Ces joueuses sont loin de lui être inconnues. « J’ai déjà joué avec chacune d’entre elles. Ce sont des filles que je connais bien et avec lesquelles je suis toujours restée en contact. » Rejoindre le groupe plus tard ne constitue pas forcément un désavantage selon Joris : « Il est plus facile d’intégrer une équipe qui possède déjà de bons automatismes. Ce sont surtout des détails qui diffèrent du 3×3, mais j’espère qu’après deux entraînements, les automatismes seront déjà davantage présents. Le match contre l’Allemagne pourra également nous apprendre beaucoup de choses, afin de pouvoir, je l’espère, créer l’exploit contre la Pologne le soir. »
Une mission difficile
Créer l’exploit : le mot n’est certainement pas trop fort pour décrire la phase de groupes de cet Euro. Les 3×3 Belgian Cats affronteront en effet l’Allemagne et la Pologne, respectivement huitième et douzième au classement mondial. Une mission particulièrement difficile lorsque l’on sait que la Belgique occupe la 87e place mondiale. Ine Joris en est bien consciente : « Nous sommes les underdogs. C’est évident lorsque l’on regarde le classement. Nous participons également à la compétition en tant que pays organisateur, et non parce que nous nous sommes qualifiées par l’intermédiaire de tournois. Nous espérons bien sûr pouvoir créer la surprise et atteindre les quarts de finale dimanche. »
Lors de la Coupe du monde 3×3 en 2022, la Belgique avait également participé en tant que pays hôte. Joris faisait alors partie de l’équipe qui avait atteint les quarts de finale, aux côtés de Julie Vanloo, Becky Massey et Laure Résimont. Elle en garde d’excellents souvenirs. « C’était vraiment génial. L’ambiance était incroyable. Nous devions nous échauffer sur la Grand-Place, puis traverser les rues jusqu’à la Groenplaats au milieu de tous les supporters. C’est quelque chose que l’on ne vit pas en 5×5, car le public ne peut pas être aussi proche de nous à ce moment-là. C’était une expérience fantastique. »
Retour à Braine
Ine Joris a évolué en Espagne lors des deux dernières saisons, mais elle n’y retournera pas après sa période avec les équipes nationales. Elle poursuivra sa carrière à Castors Braine, un club qu’elle connaît déjà bien. Ce choix est lié au centre qu’elle a lancé. À Boom, sa ville natale, EVORAS propose désormais un accompagnement sportif. « L’été a été très chargé. EVORAS a ouvert ses portes le 11 mai. J’ai ensuite participé à plusieurs semaines de stage dans le cadre de la campagne Be Gold, avant de me consacrer pleinement au centre en juillet. À partir du mois d’août, j’ai repris la préparation en 5×5 et, après ne pas avoir été retenue, je suis directement passée au 3×3. Cela a donc été une période particulièrement intense. »
« L’avantage, c’est que je peux tout gérer en ligne, mais je tiens malgré tout à être présente au centre. C’est la raison de mon retour en Belgique. Il s’agit également d’un projet pour toute ma vie, alors que ma carrière de basketteuse s’arrêtera dans quelques années. » EVORAS dispose d’un terrain de 3×3, sur lequel les 3×3 Belgian Cats se sont régulièrement entraînées cet été. « Je les ai donc souvent vues à l’œuvre cet été, même si je n’étais pas toujours moi-même sur le terrain. »
Ce week-end, lors de l’Euro 3×3, Ine Joris sera bel et bien sur le terrain et fera tout son possible pour réaliser une belle performance.
