Premières impressions

A peine rentré d’Albanie, Jacques LEDURE s’est prêté à une première (sommaire) analyse de cette saison 2012. « Nous aurions signé, en juillet, pour un tel résultat – une deuxième qualification consécutive -, nous avons battu les deux « leaders » du groupe (la Pologne et la Finlande), nous avons introduit des jeunes, sans le couac en Suisse, nous aurions eu six succès..et même sept avec un peu d’expérience (le match à Anvers contre la Pologne). Et je trouve que Maxime DE ZEEUW s’affirme! » C’est pas mal, non?

« Nous terminons avec quatorze succès en dix-huit rencontres (77,7%). Voici six, sept ans, les campagnes se soldaient par à peine 30-40% de succès » ajoute-t-il illico.

 

« Parmi les points positifs, je retiens l’intégration des jeunes, dans un contexte difficile…Nous venions de rater notre EuroBasket, quelques joueurs expérimentés nous quittaient, d’autres blessés devaient être laissés au repos et l’objectif n’était pas simple (même si désormais il y a 24 places et plus seulement 16); ensuite, l’enthousiasme du groupe, il n’a jamais été aussi palpable. Sam VAN ROSSOM me disait hier, au moment de nous quitter que l’idée de devoir attendre un an avant de retrouver les Belgian Lions lui laissait une impression bizarre et pas mal de tristesse. En club, nous n’avons jamais une ambiance pareille!; enfin, le talent car une fois encore, nous avons pu démontrer qu’il y a du talent en Belgique. »

 » Côté négatif, nous avons dû constater que nous n’avons pas assez de joueurs pour le niveau international. Comment voulez-vous que des joueurs qui sont secondaires dans leur club jouent un rôle essentiel en équipe nationale? Il faut que, tous, nous travaillions pour aguérrir nos joueurs de D1, pour développer nos jeunes et pour augmenter notre base de recrutement. Et il faut absolument que nous obtenions un budget – légèrement – plus conséquent. Une campagne des Belgian Lions s’effectue avec un budget  de € 350.000. Cela m’oblige à m’occuper du matériel, des maillots pour épargner quelques milliers d’euros; cela m’interdit d’engager un deuxième assistant et un deuxième kiné ce qui serait pourtant indiqué; cela m’empêche aussi de donner aux joueurs une prime en cas de qualification…ce qu’ils auraient bien mérité! Et cela m’empêche enfin de développer un projet autour de l’équipe nationale… J’aimerais vraiment augmenter ce budget de 15% et dépasser ainsi la barre des € 400.000. »

« Mon projet pourrait s’intituler les « Master Class du basket belge« . Nous avons commencé cet été, avec les jeunes géants belges que Lucien VAN KERSSCHAEVER et Eric STRUELENS ont entraîné. Il faut maintenant pérenniser cette initiative (la rendre possible plusieurs fois par saison), la multiplier à l’adresse des distributeurs, des shooteurs et, cela me semble essentiel également, effectuer un important travail pour améliorer les qualités mentales de nos jeunes. Quand je vois des Pierre Antoine GILLET, des Ioann IAROCHEVITCH, je vois deux joueurs de grand talent, plutôt introvertis. Il faut que nous les aidions à mieux s’exprimer, à mieux exploiter leurs ressources! Dans le même temps, il faut aussi encadrer des joueurs comme Quentin SERRON ou Jorn STEINBACH qui constituent l’avenir proche de notre équipe nationale »

« Mes moments de doute? Sûrement après la Suisse, bien sûr. Là, je me suis dit que c’était foutu! Que nous ne résisterions pas au rouleau compresseur des KOPONEN, HUFF ou KOTTI. En fait, déjà en Finlande, j’avais encaissé difficilement notre trop lourde défaite. Je craignais que nous nous écroulions. Heureusement, le match facile face à l’Albanie nous a redonné le goût de la victoire, même si nous n’avons pas bien joué ce soir-là. »

« La fête après la qualification? Ce fut une euphorie mesurée! Deux bouteilles de vin pour le staff (cinq personnes et deux journalistes) un coca de plus pour chaque joueur. Après le repas, une partie de l’équipe s’est attardée sur la terrasse de l’hôtel, l’autre a été faire un petit tour dans Tirana. Nous étions contents bien sûr, et fiers comme nous l’avons montré en brandissant un drapeau belge au coup de sifflet final. Et sans doute avons-nous prononcé le mot « Belgium » un peu plus bruyamment et un peu plus souvent dans les vestiaires. Mais restons modestes, nous n’avions pas non plus de raisons valables pour fêter cette qualification de manière débridée. Voici deux ans, nous étions dans le Top 16, douzièmes au classement. Cette fois nous ne sommes que dans le Top 24, logiquement 21èmes! »

Choisir des individualités !- alors que c’est le groupe qui nous a offert ce succès! – bon alors disons … le coach, Eddy CASTEELS. Il a tenu compte des discussions que nous avions eues après la Lituanie. Il a abordé les choses différemment tout en restant fidèle, bien entendu à ses propres valeurs. Guy MUYA et Jonathan TABU m’ont dit à quel point le coach avait évolué et à quel point ils appréciaient ce changement. Il n’était plus le « redresseur de tort », il était surtout le « coach qui affirme ses convictions »; ensuite, je peux citer quasiment tout le monde, Sam VAN ROSSOM et Jonathan TABU nos deux « vedettes », Christophe BEGHIN et Roel MOORS qui ont déjà annoncé leur ferme intention d’être encore des Belgian Lions à l’avenir – tout comme Axel HERVELLE qui nous a bien entendu félicité depuis Bilbao – les jeunes, Pierre Antoine GILLET qui nous a à la fois montré son talent et les éléments qu’il doit travailler, Ioann IAROCHEVITCH mais aussi Yannick DRIESEN s’ils peuvent frachir un cap mentalement, Guy MUYA en capitaine exemplaire, Wen MUKUBU parfois exceptionnel, parfois transparent, qui me fait penser à un joueur de « street basket » mais qui fut surtout un énorme + pour notre sélection, Niels MARNEGRAVE qui a été parfait dans un rôle plus modeste… »

Est-ce le temps du repos ou de la décompression pour le manager des Belgian Lions?

Du repos, pas encore, puisque aujourd’hui même, il s’en allait défendre son projet afin d’obtenir les fonds indispensables…