Paroles de manager: Jacques LEDURE

Jacques LEDURE est de retour en Belgique après avoir rendu visite aux internationaux qui défendent les couleurs de clubs étrangers. « Ils sont en pleine forme. Ils jouent à un excellent niveau et sont tous hyper motivés par l’équipe nationale! »

« Pour ne prendre qu’un exemple, j’ai suivi jeudi Jonathan TABU en coupe d’Italie, face à Rome. Pour moi, il était le meilleur homme du match, malgré la défaite. Et le public ne s’y est pas trompé qui scandait par moments des « TABU, TABU« 

 

Mais l’essentiel de son temps, le manager de l’équipe nationale le passe encore à convaincre les instances fédérales et régionales. « J’ai le sentiment d’être incompris! Que l’on n’imagine toujours pas où je veux aller…Je n’avais pas ce genre de problèmes voici cinq ou six ans. C’est sans doute la rançon de la gloire; entendez-moi bien, de la gloire des joueurs! Ils ont ravivé l’intérêt de s’approprier l’équipe nationale. Mais que de tracasseries, que de communications non constructives. Je commence vraiment à gêner! C’est sans doute une usure légitime. »

Jacques LEDURE n’est cependant pas fataliste. Il croit aux Belgian Lions! Avec et (bientôt) sans lui. A court et moyen terme…Et il avance.

« Le projet d’académie vise à améliorer l’équipe nationale de demain. Il souhaite aider les meilleurs jeunes qui ont entre 18 et 23 ans en leur proposant des outils de travail spécifiques à leurs qualités (les intérieurs, les meneurs,…) et à leurs besoins (mobilité, mental, technique,..). J’en suis à la phase de concrétisation. J’envisage un budget qui relève à la fois des fonds publics et privés. Mais au départ, je m’appuierai plus sur l’Adeps, le Bloso et les Ligues. Ensuite, dès que ce projet aura quitté les sphères virtuelles, je me mettrai en quête de sponsors.Et de toute façon, je commencerai cette académie en 2013, même si ce doit être de manière plus modeste! »

2013, ce sera aussi l’EuroBasket slovène! Et l’ambition de se frotter avec succès à ces nations européennes que même la FIBA Europe semble désigner comme supérieure à la Belgique…

 » Quels sont les critères pris en compte pour obtenir ce classement? Le nombre de clubs belges encore sur la scène européenne dans les deux plus grandes coupes européennes? Le nombre de joueurs belges en NBA, Euroleague ou Eurocup? Si ce sont bien les critères, il est logique que nous soyons 24èmes sur 24. Mais cela nous donne encore plus de motivation pour démontrer sur le terrain que les chiffres mentent parfois. »

 » La sélection devrait être solide si nous sommes épargnés par les blessures. Nos internationaux à l’étranger sont brillants. Et en Belgique, la bonne surprise vient du temps de jeu en nette hausse de plusieurs jeunes belges et..de la confirmation de leur talent! Je pense bien sûr à Ioann IAROCHEVITCH et Pierre Antoine GILLET (encore vus – par Jacques LEDURE – à leur avantage ce vendredi face au leader ostendais). Ils confirment au sortir de leur première expérience internationale. Ils s’ouvrent, se développent…Mais je pense aussi à Niels MARNEGRAVE, avant sa blessure, au retour à l’avant plan de Thomas DREESEN qui vient juste de s’occasionner une déchirure et pourrait être éloigné des terrains plusieurs mois, à Amaury GORGEMANS, à Alexandre LIBERT, Jean SALUMU, Maarten RADEMACKERS. Jean Marc MWEMA, Maxime DE ZEEUW, Guy MUYA seront bien sûr candidats. Et je n’oublie pas que Quentin SERRON ou Jorn STEINBACH rejouent enfin, après de sérieuses blessures..

Et puis il y a cette information qui évoque l’association de Wen MUKUBU et Matthew LOJESKI?

« C’est crédible mais pas facile! » « J’ai été averti par Ostende de la naturalisation de Matthew LOJESKI et le joueur m’a écrit pour confirmer son intérêt pour notre sélection nationale. Tout cela et très positif mais il y a un « mais ». Chaque sélection nationale peut aligner un et un seul « naturalisé ». En 2012, Wen MUKUBU était considéré par la FIBA comme notre naturalisé. Nous devons donc convaincre – une fois de plus après les cas Jonathan TABU ou Didier M’BENGA – que Wen a bien reçu la nationalité belge dès sa naissance. C’est en cours. »

« Je crois vraiment qu’il y a matière à être optimiste. Que nous pouvons viser un Top 16 dans un avenir rapproché. Et que notre objectif à moyen terme devrait être de viser le Top 12 »

« Et si je suis optimiste, c’est aussi parce que je sens que l’on se remet en question. Surtout au sein de la Ligue et de l’équipe nationale! Nous étions restés trop longtemps sans prendre conscience que cela n’allait pas bien, aveuglés sans doute par les résultats de quelques clubs. Pourtant notre public diminuait et la multiplication des mêmes matches tirait le « produit » dans la mauvaise direction »

« Je suis plus prudent avec le travail des Fédérations. Elles travaillent, c’est certain mais pour quelle cohérence? J’ai aujourd’hui encore le sentiment que l’on n’a pas déterminé l’objectif, une vision nette et précise du produit basket. Voilà pourquoi je plaide aujourd’hui encore pour organiser une table ronde sur notre basket. Elle aurait pour objectif de définir une vision commune à cinq ou dix ans. »