Hier et aujourd’hui, nous nous arrêtons sur deux des plus belles histoires de club de cette saison 2012-2013. Parce qu’elles illustrent –se sont appropriées – le slogan des Belgian Lions « One team, No limit » Hier, le sommet : Olympiacos . Aujourd’hui, l’ascension : JSF Nanterre
« En Nanterre promise ». Tel était le titre du journal « L’Equipe* » ce 23 mai après une des victoires inattendues de l’équipe de Nanterre dans ces playoffs français 2013
Huitième au terme du championnat régulier
Avec le 14è budget – 2,7 millions € – de la Pro A ! (seul Le Havre a un budget moindre : 2,2 millions €).
Pour sa deuxième saison en Pro A !
Après s’être extirpé du niveau départemental (1987- 1989) puis du niveau régional (1989-1993) puis des quatre divisions nationales – dans les années (1993-2004) et enfin, de la Pro B (2004-2011)… Soit onze accessions pour aucune dégradation.
Et toujours avec le même coach !
Et le même Président !
Messieurs Donnadieu fils (Pascal) et père (Jean, 72ans)!
C’est l’histoire exceptionnelle d’un club atypique, sans ambition démesurée mais avec une conviction inébranlable : le travail paie ! La simplicité aussi.
Ses joueurs habitent (presque) tous dans deux tours (cinq et onze étages) situées à un kilomètre de la salle. « Le secteur est plutôt calme même si on a déjà des dealers dans l’immeuble » dit Xavier COROSINE. Ils se déplacent en métro, se mêlent à la vie du quartier. Et en ce mois de juin 2013 où ils ont bousculé l’ordre (pré) établi, ils ont reçu un soutien exceptionnel de leur banlieue « Nous aurions pu vendre 10000 places, pour le match 3 » disait un dirigeant du club.
Sur le terrain, Nanterre développe un jeu offensif, basé sur des joueurs précis à trois points (Chris WARREN, Trenton MEACHAM, David LIGHTY et les français Stephen BRUN et Xavier COROSINE) « Nous n’avons pas de shooteurs fous, cela se fait dans un jeu structuré où il y a une vraie volonté de décaler les tireurs » dit le coach Pascal DONNADIEU. « Mais oui, nous consacrons du temps à peaufiner cet aspect de notre jeu et…à prendre confiance l’un en l’autre »
Et voici que s’affirment en filigrane, les valeurs humaines de ce club et de cette équipe. Les personnalités sont riches – Trent MEACHAM, à 26-27ans, pensait arrêter le basket « parce qu’il a bien d’autres passions dans sa vie » ; puis, en novembre, il s’est rendu à l’évidence : le basket et la compétition le taraudaient encore ! ; Johan PASSAVE DUCTEIL, le pivot antillais, victime d’une malformation des gros orteils, opéré « C’était douloureux ! » mais son tempérament de guerrier le relance « C’est le symbole de notre équipe ; un mec qui n’aurait pas dû réussir comme çà ! » ; Eric NZEULIE le jeune formé au club, patient jusqu’à sa révélation en playoffs ; David LIGHTY qui perd sa maman en février, s’astreint à plusieurs allers-retours vers Cleveland mais « se soigne » parfaitement ;… Les attentes du club sont audacieuses mais pas démesurées. Et une alchimie se crée !
Et voici Nanterre en Euroleague ! Prête à accueillir le Real Madrid, le CSKA Moscou ou …l’Olympiacos. Dès le mois de novembre…
Le mot de la fin sera pour le Président, au club depuis 1957.
« C’est presque banal d’être champion » disait Monsieur Jean DONNADIEU « Ce qui l’est moins, c’est d’avoir fait cela avec le même coach, quasiment les mêmes dirigeants, sans jamais avoir violé nos valeurs. C’est essentiel et cela dépasse largement le basket. Je ne demande pas aux hautes instances qu’on nous dise merci. Mais qu’elles se rendent compte du bien qu’on a fait au basket français, fût-il professionnel. »
One team – No limit ! Mais il faut des guides exceptionnels pour y parvenir…
Ps : les citations sont extraites de différentes éditions du journal « L’Equipe », l’équipe de la banlieue ouest de Paris allait s’imposer au moins une fois en déplacement à chaque tour et rester invaincue dans sa salle (enfin, celle de Paris – Coubertin (3800places) car la sienne (le Palais des Sports Maurice Thorez, 1500places) était beaucoup trop petite). Et la voici championne de France !