« Lions Academy »

Dans notre dernière Newsletter (26/06/2013), Jacques LEDURE évoquait – dans son éditorial – la nécessité de développer le noyau des Belgian Lions, les leçons tirées d’un Euro 2011 décevants et les perspectives à court terme. Des propos qui nous ont intrigué. Nous avons donc souhaité obtenir plus de précisions de la part du manager de l’équipe nationale .

Depuis dix ans, vous êtes à la tête de l’équipe nationale. Et bientôt, vous participerez à votre 2ème Euro. Mais vous proposez déjà d’autres challenges…

Oui! Si nous voulons nous installer à la 12ème place européenne, nous devons bénéficier d’une base plus large et de joueurs plus performants! Si la France ou l’Espagne perdent un ou deux de leurs pions essentiels, ces nations peuvent encore rivaliser …pour le titre. Nous, dans un cas similaire, nous n’existons plus, même au 1er tour de l’EuroBasket.

 

Votre projet s’intitule…

La « Lions Academy« , mais le nom n’est pas essentiel. Par contre, dans notre pays à fédérations scindées, nous avons impérativement besoin d’une approche intégrée. Comme en hockey! Aujourd’hui, chaque fédération a son sport études (ou Top Sport). Elles emmènent donc nos joueurs à un certain niveau. Mais, cela n’en fait pas des internationaux! Nous avons besoin d’un organisme qui sélectionnerait les meilleurs des différentes structures existantes (fédérales et de clubs) en fonction de leurs capacités à atteindre un niveau international. Des tout jeunes (17ans) ou des moins jeunes (22-23ans) peut-être déjà internationaux mais devant améliorer telle ou telle qualité

Vous préconiseriez un travail individuel?

Exactement! (Il pourrait y avoir des séances collectives mais le plus souvent, ce serait un travail individuel) Chaque joueur serait « scanné » par des spécialistes dans les domaines technique, physique et mental. On déterminerait les points forts et faibles de chacun et on proposerait un traitement particulier en fonction de l’analyse réalisée. Il me semble essentiel de travailler avec des spécialistes (en technique basket, des personnalités qui ont cotoyés le niveau européen, en préparation physique et mentale, des labos universitaires et des personnalités déjà actives dans d’autres sports) et – bien entendu – d’impliquer les clubs, de leur expliquer notre démarche, notre analyse, notre diagnostic et notre travail spécifique

Où en êtes-vous?

Une première expérience a été tentée l’été dernier. Avec des joueurs de grande taille, pendant six semaines à raison de trois jours par semaine. Ce fut une belle réussite que j’aurais aimé poursuivre et même développer cette année encore. Mais il vaut parfois mieux prendre son temps.

Le projet global a en tout cas été présenté à l’ADEPS, au Bloso, au COIB, à la Ligue…Et il a été très bien accueilli. Notre sponsor principal, Ethias en a dit aussi beaucoup de bien! Il me faut encore convaincre les deux fédérations et quelques autres personnalités. Ce type de projet – essentiel pour la vitalité de notre basket – ne peut être une réussite que s’il est fait ENSEMBLE. Qu’importe, si cela prend un peu plus de temps!

 Quel est votre planning,désormais?

2014! En début d’année, janvier ou février…

Et votre budget?

Avec 100.000€ je commence! Avec 200.000€, je tourne à plein régime

Vous participez aussi à l’ESA. Est-ce complémentaire?

Complètement! L’European Sport Academy se consacre à la crême de la crême de nos sportifs (en football, athlétisme, hockey, basket). Soit maximum cinq personnes par discipline. L’objectif est d’en faire « les meilleurs athlètes possibles » (les niveaux technique et mental n’entrent pas en ligne de compte). Nous pouvons donc y envoyer un basketteur d’un niveau potentiel « Euroleague » qui devrait « corriger » un facteur de sa performance physique nécessitant des aptitudes extrêmement pointues.

Comme vous le voyez, la « Lions Academy » se situerait, dans une structure pyramidale entre la base – déjà élitiste – des clubs et des sports études fédérales et l’ESA. Notre objectif serait entièrement dédié à l’équipe nationale, avec une vingtaine dé joueurs en formation.

Et le Top 12 européen deviendrait une réalité?

Cela nous permettrait en tout cas de réaliser les performances que des pays comme la Finlande ou Israël obtiennent. De manière régulière!