Le public belge s’identifie aux Lions

Mini tour d’horizon de la campagne 2012 des Belgian Lions et des liens entre les clubs et l’équipe nationale en compagnie de Giovanni BOZZI, le coach à succès du Spirou Basket.

Elogieux pour le staff des Lions, raisonnablement optimiste pour le basket belge, il insiste sur un travail « en amont », dès l’école, afin de voir le sport belge et le basket plus précisément, progresser

 

« J’ai déjà eu l’occasion de dire tout le bien que je pensais du staff sportif des Belgian Lions » (voir article intitulé Soutenons les Lions). « Leur réussite transparait dans les résultats (sans doute deux qualifications consécutives à l’EuroBasket) mais aussi dans la présence du public. Il y a cinq ans, même en offrant des places gratuites, les salles restaient bien trop vides. Personne n’avait envie d’aller voir jouer les Belgian Lions. A l’inverse, aujourd’hui, le public s’identifie à cette équipe, aux valeurs qu’elle développe (beaucoup d’agressivité, esprit d’équipe, jeu spectaculaire dès que possible) »

 » J’ai été épaté par les deux premiers résultats, la superbe victoire collective conquise à la surprise quasi générale en Pologne puis le match impeccable livré face à une faible Suisse, certes, mais ce n’est pas cela qu’il faut retenir – cela « ne nous concerne pas! » – mais plutôt le travail exemplaire accompli par ce groupe jeune qui s’était attendu allait ensuite alterner le bon et le moins bon » (l’interview a été réalisée avant les matches en Suisse et contre la Finlande)

« Je sais que l’on reproche aux clubs de D1 de ne pas faire assez jouer les jeunes belges et…je vous avoue que ce discours m’énerve quelque peu. D’abord je voudrais dire qu’il y a aujourd’hui, dans certains clubs le souhait de jouer un rôle dans la formation. Petit à petit, les mentalités évoluent. Ici, à Charleroi, les dirigeants ont sans doute trop longtemps délaissé cet aspect. Mais cela change. Ensuite, il faut que d’autres mentalités bougent. C’est trop facile, côté jeune, de se retrancher derrière l’attitude des clubs pour justifier des comportements non professionnels. Cet été, un de mes jeunes qui pouvait obtenir du temps de jeu est arrivé avec dix kilos de trop! Enfin, en Belgique, formation ne rime pas avec protection. Le jeune que vous formez – cela coûte financièrement – s’il est bon sera très vite happé par les grands clubs européens. Il faudrait adopter une législation qui protège plus et mieux les clubs formateurs »

« Le Spirou aligne aujourd’hui un seul international : Christophe BEGHIN. Mais, s’il avait pu, il alignerait aussi Sam VAN ROSSOM ou Jonathan TABU! N’oublions pas aussi que nous avons transféré Jorn STEINBACH qui aurait été un « Lions » cet été sans sa blessure. Nous sommes un club ambitieux et avons besoin d’excellents joueurs. Mais nous pouvons faire confiance aux jeunes de talent comme nous l’avons prouvé avec Tornike SHENGELIA. Et personnellement, si un jeune belge est de valeur comparable à un américain, il aura toujours ma préférence »

Giovanni BOZZI insiste enfin sur l’importance du sport à l’école et sur les indispensables connexions qui devraient exister entre celui-ci et le basket. « Il est nécessaire de s’interroger sur notre mentalité sportive, si nous souhaitons que le sport progresse en Belgique. La perception du sport à l’école et son rôle doivent s’améliorer. Si nous développons cet aspect, nous découvrirons plus de sportifs; qui dit plus de sportifs, dit plus de basketteurs et notre vivier de joueurs ainsi élargi nous fournira certainement une qualité supérieure. Aujourd’hui, trop peu de joueurs jouent au basket.