Qui veut sauver le basket belge?

« Atteindre coup sur coup deux EuroBasket, c’est possible et ce serait merveilleux. Mais après? Notre basket va mal! Et personne ne semble s’en inquiéter… »

Jacques STAS, parce qu’il adore ce jeu et une bonne partie du « monde » qui l’entoure est inquiet (et peut-être même en colère). « Si on ne dégage pas de toute urgence des lignes directrices communes, le basket belge se retrouvera au niveau des « baskets » hollandais ou suisse« 

 

« La génération actuelle, celle de Christophe BEGHIN, Tomas VAN DEN SPIEGEL, Roel MOORS ou même Axel HERVELLE atteindra un point de non retour en 2013 ou guère plus tard. Nous perdrons alors les rares joueurs qui ont un vécu Euroleague. Qu’adviendra-t-il des Belgian Lions…et du basket en Belgique? »

« Certes, des Sam VAN ROSSOM, Jonathan TABU voire Jorn STEINBACH peuvent aussi rêver à ce niveau. Mais pas de chance pour nous, ils évoluent tous au même poste… »

« En Belgique, la compétition est rachitique (8 clubs). Pourtant, pas question de l’ouvrir car le risque de devoir partager encore plus le petit gâteau du sponsoring fait peur aux dirigeants. Ajoutons que sur les 80 places libres en D1, 70% d’entre elles étaient réservées aux étrangers (le plus fort pourcentage en Europe) – 60% la saison prochaine -; moi, j’aimerais que l’on mise sur les belges et qu’on les entoure de trois « meilleurs » étrangers! »

« Les dirigeants disent qu’ils misent sur les américains pour soigner le spectacle mais ils négligent ainsi le sentiment d’identification des joueurs et du public. Ce sentiment d’appartenance s’amenuise dangereusement. D’autant que d’autres sports collectifs progressent à grands pas. A l’inverse, il est amusant de voir que les Belgian Lions attirent plus de public que voici quelques années. Cela tient à l’atmosphère qui est créée ici. Les joueurs sont disponibles pour les spectateurs après les matches. Ils donnent à leur rencontre un caractère familial, style années 80, qui est très apprécié. »

« La transition vers plus de joueurs belges ne pourra se faire d’un coup bien sûr. Ils ne sont pas prêts. Quand je regarde les équipes nationales de jeunes, je peux me réjouir des résultats de cet été » (Les – de 20ans ont fini 7è; les – de 18ans, 8è et les – de 16ans, vainqueur) « Mais, n’oublions pas que toutes les équipes évoluaient en division B! Il y a donc déjà seize nations au dessus de la nôtre! Si l’on veut que ces jeunes atteignent la D1 et s’y affirment, il faudra leur donner un peu de temps »

« Mais c’est aussi une raison supplémentaire pour prendre des décisions en commun au plus tôt. Il faut que nos dirigeants comprennent l’urgence« 

« La Belgique stagne alors que d’autres nations progressent, et parfois rapidement.Encore un élément à étudier : la problématique des naturalisés. Un pays comme la Géorgie n’hésite pas à enrôler un joueur du talent de Jacob PULLEN, la Bulgarie Cedric SIMMONS, l’Ukraine Stiven BERTT.

« Nous, nous n’avons pas de naturalisés, pas – ou si peu – de joueurs « Euroleague », peu de Belges avec un bon temps de jeu et/ou une équipe compétitive en Belgique et nos perspectives sont déprimantes, avouez qu’on cumule les éléments négatifs… »

Jacques STAS est inquiet (peut-être même en colère). Mais, il n’abandonnera pas. Certainement pas!

Et mercredi, il sera aux côtés d’Eddy CASTEELS pour insuffler aux Belgian Lions ces sentiments de fierté et de vigilance qui devraient leur permettre de vaincre, à Fribourg.